Trouvé par hasard, ce petit théâtre rue Paganini, à 10 minutes de chez nous, qui propose chaque mercredi un spectacle pour enfants pour 6 euros par personne.
Aujourd'hui nous sommes allées voir "Pierrot et le secret de la forêt", Ella était complètement captivée par le mime, il y avait aussi une belle Colombine, une sorcière très rigolote qui rêvait de bisous, un énorme dragon (invisible). Le spectacle durait un peu moins d'une heure, ensuite les comédiens nous ont appris l'une des chansons et tout le monde l'a mimée.
Le spectacle était sur scène mais aussi, bien sûr, à côté de moi: c'est un vrai bonheur de voir s'agrandir et briller les yeux de son enfant, de le sentir tout entier "happé", partie prenante de l'histoire.
mercredi 30 janvier 2008
mardi 22 janvier 2008
Lectures hivernales
Pas de chef d'oeuvre ces dernières semaines, mais quand même de belles lectures:
- Les Alphabets de la Shoah d'Anny Dayan Rosenman. La dernière partie, "Ecrire" est de loin la meilleure, Rosenman a beaucoup et bien lu et ses commentaires sont clairs et lumineux. Un excellent ouvrage d'introduction pour ceux qui seraient intéressés par la question du témoignage (surtout littéraire) sur l'holocauste.
- Chagrin d'Ecole de Daniel Pennac. A offrir à tous les cancres mais les anciens premiers de classe apprécieront aussi. Par contre comme tous les profs il la ramène un peu (je le dis avec beaucoup de tendresse car j'ai plusieurs amis profs).
- L'élégance du hérisson: oui, je suis en retard. Je n'ai pas fini, c'est succulent mais j'attends de voir à quoi ça mène, j'ai peur que ça soit un peu creux... j'espère avoir tort.
- Les Alphabets de la Shoah d'Anny Dayan Rosenman. La dernière partie, "Ecrire" est de loin la meilleure, Rosenman a beaucoup et bien lu et ses commentaires sont clairs et lumineux. Un excellent ouvrage d'introduction pour ceux qui seraient intéressés par la question du témoignage (surtout littéraire) sur l'holocauste.
- Chagrin d'Ecole de Daniel Pennac. A offrir à tous les cancres mais les anciens premiers de classe apprécieront aussi. Par contre comme tous les profs il la ramène un peu (je le dis avec beaucoup de tendresse car j'ai plusieurs amis profs).
- L'élégance du hérisson: oui, je suis en retard. Je n'ai pas fini, c'est succulent mais j'attends de voir à quoi ça mène, j'ai peur que ça soit un peu creux... j'espère avoir tort.
samedi 19 janvier 2008
Le vrai est dans le vrac
- Tenir la main de Sasha effrayée et pourtant captivée par les zèbres violets de Baby Einstein
- Regarder avec Ray "Friday night lights" et mieux comprendre les Américains, enfin, mieux comprendre pourquoi je ne les comprends pas... Watch it, they need your support!
- Ecouter (cachée derrière la porte) Ella jouer à la maîtresse
- Deviner le grand ciel bleu à travers les persiennes
- Parcourir les appels à contribution du site de recherche littéraire Fabula et réaliser que, quand même, j'ai appris des choses depuis le bac!
- Regarder avec Ray "Friday night lights" et mieux comprendre les Américains, enfin, mieux comprendre pourquoi je ne les comprends pas... Watch it, they need your support!
- Ecouter (cachée derrière la porte) Ella jouer à la maîtresse
- Deviner le grand ciel bleu à travers les persiennes
- Parcourir les appels à contribution du site de recherche littéraire Fabula et réaliser que, quand même, j'ai appris des choses depuis le bac!
dimanche 9 décembre 2007
We own the night
La nuit nous appartenait, pour une fois que quelqu'un pouvait garder les filles, et nous sommes donc allés voir le beau film de James Green.
En ce qui concerne les personnages, j'ai une légère préférence pour Los Angeles, absolument fascinante (cf Shopgirl, Collateral, Crash), mais New York est quand même "une sacrée nana" (cf La 25ème heure). Intéressante zone de marécages pour les dernières scènes.
Pas vraiment de suspens, pas d'esthétisme tapageur, que reste-t-il? Tout, peut-être, en tout cas de grands acteurs (Joaquin Phoenix, Mark Walhberg, Robert Duvall et Eva Mendes), une exploration intime de l'homme (au sens viril) et sa relation à la famille (ce qu'il lui fait subir, comment il se sacrifie pour elle). Et surtout, l'épaisseur de la nuit, la nuit complice de la folie des hommes, la nuit qui les donne en pâture les uns aux autres. The night owns us, really.
En ce qui concerne les personnages, j'ai une légère préférence pour Los Angeles, absolument fascinante (cf Shopgirl, Collateral, Crash), mais New York est quand même "une sacrée nana" (cf La 25ème heure). Intéressante zone de marécages pour les dernières scènes.
Pas vraiment de suspens, pas d'esthétisme tapageur, que reste-t-il? Tout, peut-être, en tout cas de grands acteurs (Joaquin Phoenix, Mark Walhberg, Robert Duvall et Eva Mendes), une exploration intime de l'homme (au sens viril) et sa relation à la famille (ce qu'il lui fait subir, comment il se sacrifie pour elle). Et surtout, l'épaisseur de la nuit, la nuit complice de la folie des hommes, la nuit qui les donne en pâture les uns aux autres. The night owns us, really.
mercredi 5 décembre 2007
Poésie e(s)t Vie
"Ô Mort, vieux capitaine, il est temps! levons l'ancre!"
Un vers de Baudelaire récité par Jorge Semprun à son ami Maurice Halbwachs, se mourant alors dans le Petit Camp de Buchenwald. La poésie, entre vie et mort: en entendant ce vers, Halbwachs ouvre les yeux, se rappelle, murmure, redevient homme, un dernier instant. La poésie, parole essentielle, parole humaine.
Des vers, on en connaît si peu par coeur, et pourtant pouvoir réciter un vers, un poème, ou même un extrait de (belle) prose, c'est avoir un soleil dans sa poche, ne plus jamais être seul, être roi parmi les rois.
Aujourd'hui: Evadné de René Char
L'été et notre vie étions d'un seul tenant
La campagne mangeait la couleur de ta vie odorante
Avidité et contrainte s'étaient réconciliées
Le château de Maubec s'enfonçait dans l'argile
Bientôt s'effondrerait le roulis de sa lyre
La violence des plantes nous faisait vaciller
Un corbeau rameur sombre déviant de l'escadre
Sur le muet silex de midi écartelé
Accompagnait notre entente aux mouvements tendres
La faucille partout devait se reposer
Notre rareté commençait un règne
(Le vent insomnieux qui nous ride la paupière
En tournant chaque nuit la page consentie
Veut que chaque part de toi que je retienne
Soit étendue à un pays d'âge affamé et de larmier géant)
C'était au début d'adorables années
La terre nous aimait un peu je me souviens.
Un vers de Baudelaire récité par Jorge Semprun à son ami Maurice Halbwachs, se mourant alors dans le Petit Camp de Buchenwald. La poésie, entre vie et mort: en entendant ce vers, Halbwachs ouvre les yeux, se rappelle, murmure, redevient homme, un dernier instant. La poésie, parole essentielle, parole humaine.
Des vers, on en connaît si peu par coeur, et pourtant pouvoir réciter un vers, un poème, ou même un extrait de (belle) prose, c'est avoir un soleil dans sa poche, ne plus jamais être seul, être roi parmi les rois.
Aujourd'hui: Evadné de René Char
L'été et notre vie étions d'un seul tenant
La campagne mangeait la couleur de ta vie odorante
Avidité et contrainte s'étaient réconciliées
Le château de Maubec s'enfonçait dans l'argile
Bientôt s'effondrerait le roulis de sa lyre
La violence des plantes nous faisait vaciller
Un corbeau rameur sombre déviant de l'escadre
Sur le muet silex de midi écartelé
Accompagnait notre entente aux mouvements tendres
La faucille partout devait se reposer
Notre rareté commençait un règne
(Le vent insomnieux qui nous ride la paupière
En tournant chaque nuit la page consentie
Veut que chaque part de toi que je retienne
Soit étendue à un pays d'âge affamé et de larmier géant)
C'était au début d'adorables années
La terre nous aimait un peu je me souviens.
mardi 27 novembre 2007
Nicolas de Staël

Je viens de relire un petit livre sur le peintre Nicolas de Staël, intitulé Une illumination sans précédent et écrit par sa petite fille Marie du Bouchet. Petites notes:
Il est comme "entré en peinture", entièrement, passionément, fatalement.
Une certaine indifférence pour le nom, le titre.
Son amitié avec un autre roi, René Char. Donne envie d'aller faire un (grand) tour à la Fondation Maeght, pour y revoir les collaborations entre écrivains et peintres de la moitié du siècle dernier.
Et bien sûr, avant tout, la couleur, les couleurs. Pures, essentielles, sublimes. Les gris, les verts, les blancs. La mer, "parfaitement" orange ou verte. Le ciel, "évidemment" noir à midi.
mercredi 21 novembre 2007
A la pelle
pas besoin de les chercher bien loin, ils sont là, sous mes yeux, les ptits bonheurs...
les étoiles dans les yeux de Sasha quand je souffle sur son ventre au moment du change
un bouquet de renoncules roses
une primevère (est-il besoin de préciser la couleur choisie?) dont Ella est res-pon-sable
une soirée en amoureux
un repas de Thanksgiving avec des amis
Ella et son amie Alice, main dans la main, ivres de joie de se retrouver un jour sans école
mes livres sous mes yeux tous les matins et tous les soirs
une tartine au kiri et à la confiture de figue
les filles mangeant des mandarines
les étoiles dans les yeux de Sasha quand je souffle sur son ventre au moment du change
un bouquet de renoncules roses
une primevère (est-il besoin de préciser la couleur choisie?) dont Ella est res-pon-sable
une soirée en amoureux
un repas de Thanksgiving avec des amis
Ella et son amie Alice, main dans la main, ivres de joie de se retrouver un jour sans école
mes livres sous mes yeux tous les matins et tous les soirs
une tartine au kiri et à la confiture de figue
les filles mangeant des mandarines
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